L’année 2026 pourrait marquer un tournant fiscal pour de nombreuses familles. Le projet de loi de finances (PLF) en préparation par le gouvernement de Sébastien Lecornu envisage en effet de mettre fin à certains avantages fiscaux bien connus. Parmi eux figure la réduction d’impôt pour frais de scolarité.
1. Un dispositif ancien mais contesté
Actuellement, les parents bénéficient d’une réduction d’impôt pour chaque enfant scolarisé :
- 61 € pour un collégien,
- 153 € pour un lycéen,
- 183 € pour un étudiant.
En 2021, près de 2,45 millions de foyers fiscaux en ont profité, pour un coût total de 450 millions d’euros. Or, cette niche fiscale, si elle apparaît avantageuse, présente des limites : elle profite largement aux ménages les plus aisés, comme l’a souligné le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO).
2. Les critiques du Conseil des prélèvements obligatoires
Dans son rapport du 14 octobre 2024, le CPO a pointé une dépense publique mal ciblée, sans véritable suivi ni évaluation. Il a relevé que l’avantage était concentré sur les ménages les plus riches, notamment dans les déciles supérieurs de revenus. Le Conseil a ainsi recommandé la suppression pure et simple de ce dispositif, pour redéployer les crédits vers les bourses étudiantes.
3. Les choix du gouvernement : suppression pour le secondaire
Le gouvernement a repris cette orientation mais de façon partielle :
- la réduction pour les collégiens et les lycéens devrait disparaître dès la déclaration 2026 sur les revenus 2025,
- l’avantage pour l’enseignement supérieur serait, quant à lui, conservé, malgré un coût de 214 millions d’euros en 2024 et 1,48 million de foyers bénéficiaires.
Ce compromis vise à préserver les étudiants, tout en réduisant la charge budgétaire.
4. Conséquences concrètes pour les familles
La suppression annoncée aura des effets directs :
- une famille avec deux lycéens perdra 306 € par an,
- une famille avec trois collégiens perdra 183 €.
Il s’agit certes de montants modestes, mais ils représentaient un allègement apprécié par les familles.
5. Une illustration de la remise en cause des niches fiscales
Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large de rationalisation des dépenses fiscales, dont le montant total excède 100 milliards d’euros. Le PLF 2026 pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase de simplification, quitte à réduire certains avantages dont bénéficiaient principalement les classes moyennes et supérieures.
6. Comment s’adapter à ces changements ?
Les foyers doivent désormais intégrer cette disparition dans la gestion de leur budget. Plusieurs pistes s’imposent :
- prévoir la perte de l’avantage fiscal dès la prochaine déclaration,
- recourir à d’autres dispositifs de défiscalisation (placements, immobilier, épargne retraite),
- se renseigner sur les nouvelles aides disponibles, notamment en matière de bourses.




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