Micro-entrepreneur : devez-vous ouvrir un compte bancaire professionnel ?

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Les micro-entrepreneurs (anciennement appelés auto-entrepreneurs) se demandent souvent s’il est nécessaire d’ouvrir un compte bancaire professionnel pour leur activité. La réponse dépend de la situation de chacun : la loi impose dans certains cas l’ouverture d’un compte dédié à l’activité, mais pas forcément un compte bancaire professionnel au sens de l’offre bancaire.

Cet article fait le point, au 06/2025, sur les obligations légales actuelles, les seuils de chiffre d’affaires à connaître, la différence entre un compte dédié et un compte professionnel, les recommandations des administrations (URSSAF, fisc, etc.), les risques en cas de non-respect, ainsi que les avantages pratiques d’un compte séparé pour bien gérer sa micro-entreprise.

Le cadre légal : compte bancaire dédié obligatoire ou pas ?

Faut-il un compte bancaire séparé pour son activité ? En France, tout entrepreneur individuel doit disposer d’au moins un compte bancaire pour son activité professionnelle. Le Code de commerce prévoit en effet que « tout commerçant est tenu de se faire ouvrir un compte dans un établissement de crédit ou dans un bureau de chèques postaux ». Autrement dit, un micro-entrepreneur qui exerce une activité commerciale est a priori tenu d’avoir un compte bancaire pour son entreprise. Toutefois, la loi ne précise pas initialement qu’il doive s’agir d’un compte “professionnel” distinct : un compte courant classique peut suffire tant qu’il est utilisé pour l’activité.

Évolution avec la loi PACTE (2019). Depuis la loi PACTE du 22 mai 2019, les obligations ont été assouplies pour les petits auto-entrepreneurs. Le nouvel article L613-10 du Code de la sécurité sociale (introduit par l’article 39 de la loi PACTE) dispose que les travailleurs indépendants relevant du régime micro-social doivent consacrer un compte bancaire à l’ensemble des transactions de leur activité professionnelle uniquement si leur chiffre d’affaires dépasse un certain seuil. Concrètement, l’obligation d’ouvrir un compte dédié ne s’applique aux micro-entrepreneurs que dans les cas où la loi l’impose. Au moment de la création de la micro-entreprise, aucun compte professionnel spécifique n’est requis (contrairement à une société qui doit déposer un capital social). Il reste simplement obligatoire de disposer d’un compte bancaire (pour encaisser les recettes et payer les charges) – un compte personnel à votre nom peut tout à fait convenir au départ.

L’article L613-10 CSS, toujours en vigueur en 2025, est désormais la référence légale spécifique aux micro-entrepreneurs. Il n’impose un compte bancaire dédié que « lorsque le chiffre d’affaires annuel a dépassé 10 000 € pendant deux années civiles consécutives ». En deçà de ces seuils, le législateur a levé l’obligation pour les micro-entreprises de tenir un compte bancaire séparé. En résumé : tant que votre micro-entreprise reste de petite taille, la loi n’exige pas formellement de second compte bancaire, même si vous exercez en tant que commerçant individuel. Il s’agit là d’un assouplissement par rapport à l’ancienne règle qui imposait un compte séparé à tous les auto-entrepreneurs dans l’année suivant la création.

Seuil de chiffre d’affaires : quand le compte séparé devient-il obligatoire ?

Le seuil clé de 10 000 € sur deux ans. La loi PACTE a introduit un seuil de chiffre d’affaires annuel de 10 000 € au-delà duquel le micro-entrepreneur doit impérativement avoir un compte bancaire dédié à son activité. Ce seuil doit être dépassé deux années civiles consécutives pour déclencher l’obligation. Par exemple, si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € en 2024 et en 2025, vous devez ouvrir un compte séparé (ou affecter un compte existant exclusivement à l’activité) au plus tard au cours de l’année 2026. En revanche, un dépassement ponctuel sur une seule année ne suffit pas : l’obligation ne « tombe » que si le seuil est franchi deux années de suite.

Montant et nature du chiffre d’affaires pris en compte. Le seuil de 10 000 € s’entend du chiffre d’affaires annuel total réalisé par la micro-entreprise (toutes activités confondues). Il s’agit du montant hors taxes de vos recettes annuelles, conformément aux règles du régime micro-fiscal (franchise de TVA le cas échéant). Ce seuil de 10 000 € est fixe depuis 2019 et reste beaucoup plus bas que les plafonds de chiffre d’affaires du régime micro-entreprise lui-même (par exemple 77 700 € pour des prestations de service en 2025). Il vise donc spécifiquement à exempter les micro-entrepreneurs à très faible revenu de l’exigence d’un compte séparé.

Obligation à respecter dès le seuil atteint. En pratique, dès lors que vous avez dépassé 10 000 € deux années de suite, il est impératif d’ouvrir sans tarder un compte dédié à votre activité professionnelle. La loi ne fixe pas un délai explicite (antérieurement, l’auto-entrepreneur disposait d’un an après sa création pour ouvrir son compte). Par précaution, mieux vaut se mettre en conformité dans les mois qui suivent la deuxième année de dépassement, afin de respecter l’article L613-10 CSS.

Exemple : Imaginons une micro-entreprise créée en 2023 : le chiffre d’affaires est de 12 000 € en 2024 puis de 15 000 € en 2025. Ayant dépassé le seuil pendant deux ans consécutifs, le micro-entrepreneur devra ouvrir un compte bancaire dédié au cours de l’année 2026. À l’inverse, si le CA était de 12 000 € en 2024 mais retombe à 8 000 € en 2025, l’obligation ne s’enclenche pas (il faudrait de nouveau deux années au-dessus de 10 000 €).

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Compte bancaire professionnel vs compte dédié : quelle différence ?

Il est essentiel de comprendre la nuance entre un compte bancaire professionnel et un compte bancaire dédié à l’activité. Juridiquement, la loi demande au micro-entrepreneur d’utiliser un compte dédié à ses transactions professionnelles – cela signifie un compte séparé de votre compte personnel, réservé à l’usage de l’entreprise. En revanche, elle n’impose pas d’ouvrir un compte intitulé « professionnel » auprès de la banque si ce n’est pas nécessaire. En d’autres termes, un second compte courant personnel peut parfaitement faire l’affaire, du moment qu’il est exclusivement affecté à votre activité. L’administration le considèrera comme un compte “dédié” dès lors qu’aucune opération privée ne transite dessus.

Le compte bancaire professionnel, lui, est une appellation commerciale pour les offres spécifiques que proposent les banques aux entreprises et indépendants. Ce type de compte comporte généralement des services adaptés aux professionnels (moyens d’encaissement au nom de l’entreprise, facilités de paiement, gestion multi-utilisateurs, autorisations de découvert adaptées, etc.) et donne accès à certains avantages réservés aux pros (par exemple, accompagnement personnalisé, encaissement des chèques au nom commercial, offres de crédit pro). En contrepartie, un compte pro est souvent payant (frais mensuels) et soumis à des conditions générales différentes de celles d’un compte personnel.

Aucun refus de la loi pour un compte perso dédié. Il est important de noter que la réglementation n’interdit pas d’utiliser un compte courant “classique” pour son activité – du moment qu’on en ouvre un spécifiquement pour celle-ci lorsque c’est obligatoire. Ainsi, un micro-entrepreneur peut tout à fait ouvrir un deuxième compte individuel à son nom dans sa banque (ou dans une autre banque) et s’en servir uniquement pour son entreprise : ce compte séparé satisfera aux exigences légales sans porter nécessairement l’intitulé “professionnel”. D’ailleurs, l’article L613-10 CSS renvoie au compte ouvert dans un établissement de crédit ou bureau de chèques postaux, ce qui inclut tout compte bancaire ordinaire ouvert dans une banque dûment habilitée.

Attention aux règles des banques. Si la loi n’impose pas le compte « pro », il faut tout de même prêter attention aux conditions de votre banque. Certaines banques refusent contractuellement l’usage d’un compte personnel à des fins professionnelles et peuvent exiger l’ouverture d’un compte pro dès qu’elles détectent une activité commerciale sur un compte particulier. D’autres établissements sont plus souples ou proposent des offres spécifiques aux auto-entrepreneurs (banques en ligne, néobanques, etc.). En pratique, beaucoup de micro-entrepreneurs démarrent avec un second compte bancaire standard, qui remplit l’obligation de séparation des finances à moindre coût – puis migrent vers une formule « pro » en cas de besoin (développement de l’activité, nécessité d’encaisser des chèques au nom de l’entreprise, etc.).

Mention “EI” (entrepreneur individuel). À noter qu’une réforme récente a introduit une nouvelle contrainte de forme : depuis la loi du 14 février 2022 sur l’entrepreneur individuel, chaque compte dédié à l’activité d’un entrepreneur individuel doit contenir la dénomination de celui-ci dans l’intitulé. Autrement dit, le nom du titulaire sur le RIB doit faire apparaître la mention « Entrepreneur individuel » ou le sigle « EI ». Cette mesure vise à bien distinguer le patrimoine professionnel de l’entrepreneur individuel de son patrimoine privé. Les banques proposent d’office cette mention pour les comptes professionnels. Sur un compte personnel dédié, en revanche, il peut être plus difficile de faire figurer le sigle “EI” – il convient alors de demander à la banque d’ajouter un intitulé secondaire au compte. Quoiqu’il en soit, cette obligation de dénomination ne crée pas, à elle seule, l’obligation d’un compte séparé si celle-ci n’est pas déclenchée par le seuil de 10 000 €. Elle renforce simplement l’importance de clairement distinguer les comptes utilisés pour l’activité professionnelle.

Recommandations de l’administration : faut-il un compte séparé en dessous du seuil ?

Les conseils officiels sont sans ambiguïté : même si votre chiffre d’affaires est modeste, il est fortement recommandé d’ouvrir un compte bancaire dédié à votre micro-entreprise, y compris en dessous de 10 000 € de CA annuel. L’URSSAF, le site Service-public et le ministère de l’Économie incitent les micro-entrepreneurs à séparer dès le début les transactions professionnelles des opérations privées. Par exemple, le portail officiel des entrepreneurs rappelle que « l’ouverture d’un compte bancaire reste fortement recommandée » pour les micro-entrepreneurs sous le seuil légal. De même, Service-public souligne qu’un compte dédié, même facultatif au départ, « permet de différencier [vos] transactions personnelles et professionnelles » et donc de simplifier la gestion.

Pourquoi une telle insistance alors que la loi n’y oblige pas tous les micros ? D’abord parce que séparer les comptes est une bonne pratique de gestion (voir plus loin), ensuite parce que cela vous évite des complications administratives en cas de contrôle. Les organismes sociaux et fiscaux auront moins de doutes sur la sincérité de votre comptabilité si vos flux financiers professionnels sont bien isolés sur un compte dédié. À l’inverse, un micro-entrepreneur qui mélange tout sur son compte personnel rend les vérifications plus difficiles – ce qui peut éveiller la méfiance et conduire l’administration à approfondir ses contrôles. En somme, « compte dédié obligatoire ou pas, faites-le !» est le message des autorités, dans un souci de bonne gestion et de prévention des erreurs.

Enfin, ouvrir un compte séparé ne présente aujourd’hui plus de grandes difficultés : de nombreuses banques en ligne proposent des comptes pour auto-entrepreneur à frais réduits (voire gratuits la première année). L’administration fiscale et sociale considère donc qu’il s’agit d’une précaution raisonnable pour tout micro-entrepreneur sérieux, même lorsque les textes ne l’exigent pas encore formellement.

Quels sont les risques si vous n’ouvrez pas de compte dédié ?

Non-respect d’une obligation légale. Si votre micro-entreprise dépasse les seuils de chiffre d’affaires fixés par la loi et que vous n’ouvrez pas de compte bancaire dédié, vous vous placez en infraction vis-à-vis de l’article L613-10 du Code de la sécurité sociale. En théorie, cela peut donner lieu à des sanctions financières. Bien que les textes ne fixent pas clairement le montant d’une amende, des sources spécialisées indiquent qu’une pénalité pouvant atteindre 2 000 € pourrait être appliquée en cas de manquement avéré. Autrefois, lorsque l’obligation s’appliquait à tous les auto-entrepreneurs, on évoquait une contravention (de l’ordre de 450 €) pour l’absence de compte séparé. Avec la nouvelle règle des 10 000 €, la sanction potentielle semble avoir été réévaluée à la hausse. Quoi qu’il en soit, en 2025 il n’existe pas de cas médiatisé de micro-entrepreneur sanctionné uniquement pour ne pas avoir ouvert de compte dédié ; cependant le risque juridique existe bel et bien sur le papier.

Complications en cas de contrôle URSSAF ou fiscal. Au-delà de l’amende éventuelle, le principal risque est de subir un contrôle approfondi de vos finances si vous mélangez vos opérations professionnelles et privées sur le même compte. En effet, lors d’une vérification de comptabilité de votre activité (contrôle fiscal de votre micro-entreprise ou contrôle URSSAF des cotisations), l’administration est en droit de demander des justifications sur chaque opération figurant sur les comptes utilisés à titre professionnel. Si votre compte personnel sert aussi à encaisser vos revenus pro, vous devrez alors justifier des entrées et dépenses personnelles aux yeux du contrôleur, au même titre que les transactions professionnelles. Cela peut allonger et complexifier considérablement le contrôle. De plus, le fait de ne pas avoir de compte distinct peut être perçu comme une volonté de dissimuler des recettes ou de la confusion dans vos comptes, ce qui n’est jamais bon en contexte d’audit.

Pire, lors d’un examen fiscal personnel (contrôle de votre situation fiscale privée), l’administration pourra aussi examiner les comptes “mixtes” sans que cela ne soit considéré comme un début de contrôle de l’activité professionnelle. En somme, ne pas cloisonner vos comptes donne aux inspecteurs une vision complète de vos finances personnelles et professionnelles, élargissant potentiellement le champ de leurs redressements. En séparant strictement les deux, vous limitez l’étendue des informations accessibles en cas de contrôle.

Autres conséquences et risques indirects. Si l’absence de compte dédié peut passer inaperçue un temps, elle peut aussi poser problème à d’autres occasions : par exemple, en cas de litige commercial ou de contentieux judiciaire, l’expert-comptable ou le juge qui examinerait vos comptes pourrait relever le non-respect de cette obligation comme un indice de gestion irrégulière. Par ailleurs, votre banque pourrait découvrir que vous utilisez un compte personnel à des fins pro en consultant vos transactions ; certaines banques n’hésitent pas à fermer le compte ou à vous imposer l’ouverture d’un compte professionnel dans un bref délai, sous peine de clôture (ce qui pourrait bloquer temporairement votre activité). Mieux vaut prévenir ces risques en ouvrant volontairement un compte séparé dès que possible, plutôt que d’attendre une injonction ou une sanction.

Les avantages pratiques d’un compte bancaire séparé

Au-delà des obligations légales, tenir un compte bancaire séparé pour son auto-entreprise présente de nombreux atouts pratiques qui facilitent la gestion et la conformité de votre activité.

  • Gestion financière simplifiée : En n’ayant que des opérations professionnelles sur un compte dédié, vous suivez beaucoup plus facilement la trésorerie de l’entreprise au quotidien. Le solde bancaire reflète directement vos revenus et dépenses d’activité, sans être parasité par vos achats personnels. Cela permet de savoir d’un coup d’œil ce que génère réellement votre micro-entreprise et de mieux piloter sa santé financière.
  • Comptabilité et déclarations facilitées : La tenue des registres obligatoires du micro-entrepreneur (le livre des recettes encaissées, et le registre des achats le cas échéant) s’en trouve grandement simplifiée. Avec un compte séparé, il est aisé de pointer chaque encaissement de la micro-entreprise et de le reporter dans votre livre de recettes, ou de vérifier que vous n’oubliez aucune facture à déclarer. Au moment de remplir votre déclaration de chiffre d’affaires (mensuelle/trimestrielle URSSAF) ou votre déclaration fiscale annuelle, il vous suffit de faire le total des crédits sur le compte dédié sur la période concernée. Cela réduit le risque d’erreurs ou d’oublis dans vos obligations déclaratives.
  • Anticipation des contrôles : Comme évoqué, un compte distinct limite la portée des contrôles et évite de divulguer vos dépenses personnelles à l’URSSAF ou au fisc. En cas de contrôle, vous pourrez fournir les relevés du compte professionnel en sachant qu’ils ne contiennent que des opérations liées à votre entreprise. C’est à la fois un gage de sérieux pour le vérificateur et un moyen de préserver votre vie privée financière. De plus, si vous avez respecté l’obligation d’avoir ce compte dédié, vous aborderez le contrôle plus sereinement, sans crainte d’une pénalité pour non-conformité administrative.
  • Calcul des cotisations et suivi des paiements : Le compte dédié vous aide à bien distinguer l’argent de l’entreprise de votre argent personnel. Vous pouvez par exemple vous verser périodiquement une somme depuis le compte pro vers votre compte privé (ce qui équivaut à “vous payer” sur les bénéfices dégagés). Cette pratique de prélèvement du travailleur indépendant est plus lisible avec deux comptes séparés : vous déterminez un montant mensuel que votre activité peut supporter comme rémunération, vous le transférez, et ainsi vos finances personnelles restent séparées. Vous savez exactement ce qui a été prélevé comme revenu et ce qui reste pour les charges de l’entreprise.
  • Crédibilité et professionnalisme : Utiliser un compte dédié confère une image plus sérieuse vis-à-vis de vos clients et partenaires. Par exemple, si vous avez un compte bancaire au nom de votre entreprise (même en tant qu’entrepreneur individuel, avec la mention EI), vos clients peuvent émettre leurs chèques à ce nom, ce qui fait plus professionnel. De même, lors d’un encaissement par virement, le nom du compte bénéficiaire identifie votre entreprise, renforçant la confiance. Certains micro-entrepreneurs choisissent d’ouvrir un compte bancaire professionnel pour bénéficier de cette vitrine plus professionnelle (logo de la banque pro, offre dédiée, etc.), bien que cela ne soit pas une obligation légale.
  • Accès à des services bancaires réservés : Enfin, disposer d’un compte professionnel peut vous ouvrir des droits ou services supplémentaires auprès de la banque. Par exemple, les banques proposent aux titulaires de comptes pro des solutions d’encaissement de paiement en ligne, de terminal de carte bancaire, l’émission de prélèvements automatiques clients, l’escompte de traites (LCR), etc., qui ne sont pas disponibles sur un compte particulier standard. Si vous prévoyez de faire grossir votre activité, ou d’avoir besoin d’un crédit professionnel un jour, il sera quasiment indispensable d’avoir un compte bancaire labellisé “pro”. Autant y passer dès que nécessaire pour profiter de ces avantages (certaines néobanques offrent des comptes pros sans frais ou peu onéreux, ce qui réduit l’obstacle financier).

En somme, même hors de toute contrainte légale, tenir un compte bancaire séparé est un choix judicieux. C’est un petit effort administratif qui vous fera gagner un temps précieux dans la gestion quotidienne de votre micro-entreprise, tout en vous mettant à l’abri de bien des tracas en cas de contrôle.

Conclusion : en pratique, un compte dédié est fortement conseillé

En juin 2025, la loi française n’impose un compte bancaire dédié aux micro-entrepreneurs qu’à partir de 10 000 € de chiffre d’affaires annuel pendant deux ans. En deçà, il n’est pas obligatoire d’ouvrir un compte bancaire professionnel (ni même un second compte) pour son auto-entreprise. Néanmoins, les autorités recommandent vivement de le faire dès le lancement de l’activité. Distinguer vos finances professionnelles de vos finances personnelles est une bonne pratique tant sur le plan juridique que sur le plan de la gestion.

Si vous êtes micro-entrepreneur, posez-vous les bonnes questions : Ai-je dépassé (ou vais-je dépasser) les seuils légaux ? Mes transactions pro sont-elles bien isolées ? Si la réponse est non, il est sans doute temps d’envisager l’ouverture d’un compte séparé pour votre entreprise. Ce compte dédié peut être un simple compte courant à votre nom (ouvert dans la même banque ou ailleurs), dès lors que vous l’utilisez exclusivement pour l’activité. Vous n’avez aucune obligation de souscrire à une formule « compte pro » coûteuse si vous n’en avez pas le besoin ; l’important est de pouvoir justifier que toutes les opérations liées à votre micro-entreprise transitent sur un compte bancaire spécifique.

En cas de doute, n’hésitez pas à consulter les sources officielles (code de la sécurité sociale, code de commerce, fiches Service-public) ou à demander conseil à un expert-comptable ou un juriste. Ils vous confirmeront que respecter cette obligation (lorsqu’elle s’applique) et adopter cette bonne pratique dès le départ ne pourra que sécuriser votre activité. Ouvrir un compte bancaire dédié, ce n’est pas seulement se conformer à la loi : c’est se donner les moyens d’une gestion saine, d’une comptabilité plus simple et d’une relation apaisée avec l’administration. En définitive, que ce soit nécessaire ou non légalement, c’est presque toujours une décision avisée pour le micro-entrepreneur pragmatique.

Sources officielles : Code de la sécurité sociale (art. L613-10); Code de commerce (art. L123-24) et R526-27; Loi n°2019-486 du 22 mai 2019 (loi PACTE); URSSAF/Service-public – obligations du micro-entrepreneur; Portail DGE (Ministère Économie).

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